Décembre 1916 : une deuxième vague d’évacuations vers la France non occupée.
Le 01/10/2018 à 11h05 par Archives municipales
Résumé

Dans le cadre de l’exposition "Charles, Léontine, Marcel, Rose... des Lillois dans la Grande Guerre", nous vous proposons sur le site internet quelques portraits de Lillois en complément du contenu de l'exposition.

Nous vous invitons aujourd’hui à partir sur les traces de huit femmes qui ont pu quitter Lille en décembre 1916 pour rejoindre leur famille en France non occupée.

 

Carte de train (2e classe) recto-verso pour les évacuations vers la France non occupée

Archives municipales de Lille - 4H83

 

Durant l’occupation de la ville par l’armée allemande entre octobre 1914 et octobre 1918, plusieurs vagues d’évacuations volontaires sont autorisées par l’occupant. 30 000 Lillois peuvent ainsi rejoindre la France non occupée. Ces évacuations sont encouragées par le Docteur Calmette, directeur de l’Institut Pasteur, afin de limiter la propagation des maladies, notamment la tuberculose.

 

Les dossiers d’organisation de ces évacuations sont conservés aux Archives municipales sous les références 4H82 à 88bis. Ils contiennent notamment les listes nominatives des Lillois souhaitant être évacués.

Les informations de ces dossiers, recoupées avec celles contenues dans le Bulletin des réfugiés du Nord[1], permettent de suivre une partie des itinéraires de ces milliers de réfugiés.

 

Nous avons par exemple retrouvé la trace de 8 membres des familles Ogilvie-Sweckels-Degrave et essayé de reconstituer leur parcours à destination des Alpes, point d’entrée vers la France non occupée.

 

Liste d'évacuation pour les familles Ogilvie-Sweckels-Degrave

Archives municipales de Lille - 4H83

 

Jeanne, Ida, Madeleine, Marie, Adrienne, Marie-Anne, Valentine et Julie quittent Lille le 9 décembre 1916. Ces huit femmes, âgées de 6 à 69 ans et ayant toutes un lien de parenté, sont inscrites sur les listes des volontaires pour être rapatriées en France non occupée. Jeanne Ogilvie, malade, entre ainsi dans une des catégories de personnes que les Allemands autorisent à quitter Lille. Toutes les femmes de la famille demandent également à partir espérant ainsi rejoindre une partie de leur famille qui se trouve de l’autre côté de la ligne de front.

 

Elles bénéficient de la seconde vague de départs volontaires, une première ayant déjà eu lieu en décembre 1915.

 

Affiche relative aux évacuations volontaires en octobre 1916

Archives municipales de Lille - 4H12/244

 

Les évacués passent par la Belgique, avec des périodes de quarantaine pouvant aller jusqu’à plusieurs mois. Ils transitent ensuite par l’Allemagne et la Suisse avant de rejoindre la France à Annemasse puis à Evian à partir de janvier 1917.

 

Jeanne, Ida et Madeleine Ogilvie, Valentine Sweckels et Julie Degrave arrivent à Annemasse par le convoi du 16 décembre. Jeanne et ses filles partent ensuite vers Courbevoie dans la famille de son mari, Jean Ogilvie. Sa sœur et sa mère, Valentine et Julie Swekels-Degrave, partent quant à elles vers Paris.

 

Marie, Adrienne et Marie-Anne Degrave n’arrivent à Evian que le 9 mars 1917. Peut-être sont-elles restées en quarantaine en Belgique avant d’être autorisées à rejoindre la France. Elles partent elles aussi à Courbevoie, rejoindre David Ogilvie, le frère de Marie Degrave.

 

Au côté des évacuations volontaires autorisées par l’occupant, l’autorité allemande expulse également une partie de la population qui n’est pas en capacité de travailler et dont le ravitaillement pose particulièrement problème tels que les « vieillards de plus de 80 ans, femmes enceintes, enfants tout jeunes ». Les archives contiennent plusieurs lettres qui témoignent de la vague d’indignation causée en 1915 par ces évacuations forcées (référence 4H89).

 

Le retour à Lille des personnes évacuées commence en décembre 1918. Après la guerre, Jeanne, Jean, Ida et Madeleine Ogilvie reviennent s’installer à Lille dans leur maison de la rue Durnerin, ce qui ne semble pas être le cas du reste de la famille.

 

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