1915 : Le transfert des dépouilles des soldats français décédés lors du siège de 1914 vers le cimetière du Sud.
Le 01/10/2018 à 14h47 par Archives municipales
Résumé

Le siège de Lille est marqué par des combats violents au sud de la ville, entre les portes des Postes et de Valenciennes. L’emploi d’artillerie lourde et de mines par l’armée allemande face à une fortification solide a causé des pertes importantes des deux côtés.

Pour en savoir plus sur le siège de Lille, voir le document du moment « Octobre 1914 : Charles Delesalle appelle au calme les Lillois en cas de siège de la ville ».

Photographie des tombes des soldats français décédés lors du siège de Lille

et inhumés au cimetière du Sud.

Archives municipales de Lille - 4H/255-2

 

Durant le siège de Lille en octobre 1914, les territoriaux[1], chasseurs à cheval[2], spahis[3] et artilleurs du commandant Pardieu, soit 4 000 hommes, doivent faire face aux 50 000 hommes du 19e corps d’armée allemand. Les combats sont brefs mais violents. Les soldats français morts au combat sont alors sommairement inhumés dans les fortifications dans l’espoir de leur offrir une sépulture digne après les combats. Les Allemands font de même avec leurs propres soldats. A côté des tombes des soldats allemands, ils établissent un monument pour commémorer les combats de Lille.

 

Tombes des défenseurs de Lille sur les remparts.

Les Lillois vont rendre hommage aux soldats tombés pour la défense de leur cité.

Archives départementales du Nord - 15Fi/ 1223

 

Depuis le siège, les familles des soldats français décédés réclament les dépouilles de leurs proches pour les ré-inhumer dans des conditions normales. La municipalité souhaitait initialement attendre la fin du conflit pour accéder à leur demande. Le conflit se prolongeant, les démarches sont entreprises le 20 février 1915. Le Maire de Lille, Charles Delesalle, demande au docteur Calmette, médecin inspecteur, son avis sur la faisabilité du transport des corps vers le cimetière du Sud. Ce dernier conseille d’attendre pour éviter la contamination par des germes nocifs.

 

Extrait de la lettre de Charles Delesalle au docteur Calmette le 20 février 1915 

Archives municipales de Lille - 4H/255-2

 

Extrait de la lettre de docteur Calmette à Charles Delesalle le 23 février 1915 

Archives municipales de Lille - 4H/255-2

 

Le 14 septembre 1915, l’exhumation est pressement demandée par l’autorité allemande en raison de la gêne occasionnée par les « vagabonds » qui se rassemblent à proximité de ces tombes et qui gênent la circulation des trains, les voies se trouvant à proximité. Cette demande précipite l’opération qui se déroule le 18 et 21 septembre 1915.

 

Extrait de la lettre de l’autorité allemande à la mairie de Lille le 14 septembre 1915

Archives municipales de Lille - 4H/255-2

 

La nuit du 18 octobre, de 2h à 5h30 du matin, le personnel du cimetière du Sud procède à l’exhumation des corps de la porte de Valenciennes puis à la mise en bière les corps. Charles Remy, adjoint au Maire à l’état civil et aux cimetières, est accompagné du curé de Lille-Sud, Monsieur Vandermeersch, de l’aide major Wibaux (collaborateur de Calmette) et de Martin Mamy, rédacteur du journal « Le Progrès du Nord ». Le cortège, escorté par la police allemande, s’est ensuite dirigé vers le cimetière où les corps ont été inhumés après une cérémonie sommaire. Le 21 octobre, la même opération est menée pour la porte d’Arras et au lieu dit des 18 ponts. Les vingt corps allemands sont exhumés et mis en bière dans des cercueils zingués et transférés en Allemagne en train[4].

 

Extrait du rapport de Charles Rémy. Archives municipales de Lille - 4H/255-2.

 

Liste des soldats ré-inhumés au cimetière du Sud.

Archives municipales de Lille - 4H/255-2.

 

La série 4H contient plusieurs dossiers liés aux questions des tombes et cimetières durant la guerre 1914-1918. Elle permet de retracer la constitution des différents carrés militaires du cimetière du sud[5]. Le dossier 4H/256 permet de retracer la vie du carré allemand et plus particulièrement sa création en 1917.

 

Les registres de décès (sous série 9E) contiennent de multiples informations quant aux Lillois décédés durant la Grande Guerre. On y retrouve l’acte de décès de toute personne ayant vécu à Lille avant le conflit, quel que soit le lieu du décès. Dans le registre 9E/431, plusieurs actes sont représentatifs de la richesse de cette source : victime civile exécutée par les allemands (acte3782 bis), soldats allemand mort dans les hôpitaux militaire français (acte 3737) ou combattants français non identifiés.

 

 

Extraits des registres des décès de 1914.

Archives municipales de Lille - 9E/431

 


 

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