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  • Et Lille devint Française

Et Lille devint française

Préambule

      L'entrée du roi de France Louis XIV, le 28 août 1667, dans la capitale de la Flandre gallicane marque le retour de la cité dans le giron du royaume de France.

Durant trois siècles, la ville des comtes de Flandre a été  transformée successivement par les ducs de Bourgogne et les représentants du roi d'Espagne. Elle sera, avec l'arrivée des Français, profondément remodelée selon la volonté du Roi Soleil.


La signature de la capitulation de la ville devant le Roi est, depuis, commémorée avec faste. Le tricentenaire, célébré en 1969, a particulièrement marqué les Lillois. Néanmoins, si les armées du Roi prennent la ville durant l'été 1667, l'intégration au royaume de France ne va pas de soi.

Juridiquement, la ville est rattachée au royaume par le traité d'Aix-La-Chapelle en mai 1668 mais il faudra beaucoup de temps pour faire des Lillois de fidèles sujets du Roi de France.

La ville de Lille entre Espagne et France

Extrait d'une plaquette de présentation du cortège de 1892. (AML/BH/478)

La situation de la ville

Au début de l'année 1667, Lille fait partie des Pays-Bas espagnols selon la ligne de succession bourguignonne. 

Capitale de la châtellenie Lille-Douai-Orchies, elle constitue une place prépondérante tant au niveau économique que stratégique.

La ville est un grand centre de production et de commercialisation du tissu.

En 1569, Louis Guichardin décrit la ville comme "la principale des Pays-Bas pour le fait des marchands après Anvers et Amsterdam".

L'approche des Français accroit encore un peu plus son rôle stratégique.


Vue de la châtellenie de Lille-Douai-Orchies en 1649

Plan de la châtellenie par Martin Doué (extrait) AML/Récolement Desplanques 17463

Une ville en pleine expansion

A la fin du XVIIIème siècle, les troubles religieux semblent s'apaiser et les Lillois peuvent penser au réaménagement de leur cité. 

La ville est très peuplée et compte alors environ 35 000 individus. La population est concentrée dans des fortifications qui n'ont pas évolué depuis 1415.

Des projets d'agrandissements ont été élaborés au cours du XVIème siècle mais n'ont pu être concrétisés faute de financement et du fait des guerres.

Les premiers travaux d'agrandissement sont lancés en 1603 et offrent 17 ha supplémentaires à la cité. La ville en 1615 montre un nouveau visage.

Après un second agrandissement en 1617, la ville s'étend désormais sur 34 ha au nord-ouest.

Les portes sont reconstruites. Des édifices majeurs de la cité, comme les hospices Comtesse et Gantois, sont agrandis et de nouveaux sont construits. La bourse redessine l'espace géographique de la Grand'place et son architecte, Julien Destrez, par son style, exprime le renouveau de la ville.          

      

La ville en 1620, après les deux agrandissements de 1603 et 1617.

Plan de Lille en 1620 par Blaeu. AML/1Fi4

Une ville libre ...

     Au XVIIème siècle, la ville est toujours administrée par le Magistrat, institution communale organisée par la charte octroyée en 1235 par la comtesse Jeanne de Flandre . Le Magistrat, appelé aussi "la Loi", se compose de 40 personnes. Ses membres parmi lesquels le rewart, chargé de l'exécution des ordonnances de l'échevinage, et les 12 échevins sont renouvelés annuellement à la Toussaint.


Les pouvoirs du Magistrat sont immenses et portent sur toutes les facettes de la vie quotidienne des Lillois : justice, police, défense de la ville, ravitaillement, travaux public...


Dans la population, le bourgeois se différencie du manant en participant à la vie politique. Il est éligible au Magistrat et a des privilèges juridiques. . Les grandes familles nobles et les marchands monopolisent les charges de rewart, de mayeur, chef de la justice et des finances, et d'échevins.

En 1664, pour palier ses difficultés financières, le Roi vend le Palais Rihour à l'échevinage pour qu'il y installe l'hôtel de ville.

Le Magistrat s'installe alors en grande pompe dans l'ancien palais des ducs de Bourgogne.

Les membres du Magistrat en 1729.

Album Pourchez, Bibliothèque municipale de Lille. BML/Ms/E016

... sous suzeraineté espagnole

     A la veille de la conquête française, Lille fait partie des Pays-Bas dont le souverain est alors le roi d'Espagne Philippe IV

Sur le plan administratif, elle relève de Bruxelles par le biais d'un gouverneur général issu de la grande noblesse espagnole. En 1667, cette charge est occupée par Francisco de Moura Cortereal, marquis de Castel Rodrigo.

Au sein même de la cité, la puissance espagnole est quant à elle représentée par le gouverneur de la ville : Philippe Spinola.  


Dans la deuxième moitié du XVIIème siècle, la monarchie espagnole est essoufflée.

L'Espagne est confrontée à une grave crise économique et démographique. Les guerres de religion et la guerre contre les Provinces-Unies lui ont fait perdre des territoires.


Face aux velléités françaises, l'armée espagnole, exsangue, ne peut aligner que 20 000 soldats pour défendre ses territoires du nord.

sceau du roi d'Espagne Philippe IV

AML Pièces aux titres PAT/137/2589

La France aux aguets

     Du point de vue français, la prise de la Flandre permettrait de repousser les frontières et ainsi mettre à distance Paris des autres puissances situées au nord de l'Europe. 

A partir de 1635 et la déclaration de guerre à l'Espagne, la France n'aura de cesse de s'emparer de ces territoires septentrionaux.

Arras et l'Artois sont conquis dès 1640. La guerre se rapproche de Lille.

En 1641, une armée française y ravage les faubourgs. Quatre ans plus tard, les Français tentent de prendre la ville mais sont repoussés par la garnisons et les habitants.

En 1659, la signature du traité des Pyrénées ramène la paix. L'Espagne abandonne une partie de ses territoires en Artois et Louis XIV épouse l'infante Marie-Thérèse, la fille du roi d'Espagne.  

Une courte période d'accalmie commence pour ce territoire ravagé par la guerre, les épidémies de peste et les crises de subsistance.

Lille se trouve à présent en première ligne face aux Français.

Lille est directement confrontée à la guerre. La charge n'est plus seulement économique. La ville doit accueillir de nombreux réfugiés qui fuient les combats et les saccages. Elle doit aussi loger les soldats et pourvoir à leur approvisionnement quotidien.

Les frontières du nord avant la guerre de dévolution


L'invasion

            Louis XIV cherche un prétexte pour conquérir les Pays-Bas espagnols.

Son mariage avec l'infante d'Espagne comporte une disposition relative à sa dot que le Roi va utiliser.

Pour faire renoncer la Reine à ses droits de succession sur l'Espagne, Philippe IV devait payer 500 000 écus au Roi de France. A la mort du Roi d'Espagne, la somme n'a pas été versée.


Confondant volontairement droit public et droit privé, les juristes français rédigent Le traité des droits de la reine très Chrétienne . Ils utilisent une coutume brabançonne concernant la succession, la dévolution, qui permet de revendiquer pour la reine les territoires espagnols des Pays-Bas.


Le 24 mai 1667, sans déclaration de guerre, 50 000 Français déferlent sur la Flandre. Face à cette armée, le gouverneur espagnol Castel Rodrigo ne dispose que de 20 000 soldats dispersés dans tous les Pays-Bas. Il se replie en abandonnant les places qu'il ne peut défendre: La Bassée, Armentières, Charleroi, Tournai ....

La faible défense espagnole permet même à la cour de rejoindre le Roi sur le champ de bataille.

Suite à la prise de Douai, le maréchal de Turenne se dirige vers Lille.

louis XIV dans la tranchée au siège de Tournai le 21 juin 1667

Van der Meulen Adam frans (1632-1690). Photo (c) RMN-Grand Palais (Château de Versailles)/ Gérard Blot.

La préparation du siège

     Présageant l'entreprise de Louis XIV, la ville s'est préparée à soutenir un siège.

Le Magistrat réorganise les compagnies bourgeoises, arme les habitants, approvisionne les magasins de poudre et consolide les défenses.

La Ville lève un impôt exceptionnel pour financer la préparation de la défense.

Les maisons des faubourgs sont démolies pour découvrir l'ennemi.

Au fur et à mesure de l'avancée française, les Lillois se préparent à l'inévitable attaque.


Le gouverneur Spinola peut compter sur 1 000 fantassins. Le Magistrat mobilise les quatre serments (les compagnies de canonniers, d'archers, d'arbalétriers et de tireurs d'épée) ainsi que 18 compagnies de milices bourgeoises.

 

Au total, la défense de Lille est assurée par 2 400 hommes et 900 cavaliers.


Le 8 août 1667, une avant garde commandée par le marquis d'Humière se présente devant la Lille. Deux jours plus tard le Roi arrive en personne.      

Lettres patentes de Charles II autorisant la ville a lever la somme de 100.000 florins sur les dépenses de guerre

(AML/PAT 137/2600)

Focus : La conduite à tenir en cas de siège

En prévision du siège à venir, le Magistrat prend une résolution le 23 juin 1667, dans laquelle il détaille les dispositions à prendre en cas de siège.

La transcription intégrale de cette résolution permet de connaître les détails des préparatifs de la ville face à l'assaillant français.    (AML, récolement Desplanque/384/folio 28)

Le siège

     Lille est investie le 10 août 1667. Le roi dispose de 35.000 hommes pour prendre la ville.

Il installe d'abord son quartier général à Loos puis rejoint le maréchal de Turenne à Fives.


Durant une semaine, l'ingénieur du Roi, Vauban fait construire les lignes de défense et prépare l'attaque.

Le 18 août, il fait ouvrir une première tranchée entre la porte Saint-Maurice et celle de Fives et une deuxième face au bastion de la noble tour.


Les Lillois sont fermement décidés à résister. Ils hissent sur le clocher de l'église Saint-Etienne un étendard avec la croix de Bourgogne pour montrer que leur cœur n'est pas français. Les ecclésiastiques prêchent la résistance.

Arrivée de Louis XIV au siège de Lille, en vue du prieuré de Fives.

Van de Meulen adam Frans (1632-1690). Photo (c) RMN-Grand Palais (Château de Versailles)/ Gérard Blot.

L'attaque

     Le 21 août 1667, l'artillerie française commence à bombarder la ville et particulièrement la paroisse Saint-Sauveur.

Le 25 août, le marquis d'Humières atteint la première ligne de défense lilloise. Le lendemain, Spinola tente une sortie par la porte des malades. La cavalerie charge à partir de la porte Saint-Maurice. L'attaque lilloise est repoussée par les armée françaises.


Dans la nuit suivante, les mousquetaires du roi emportent les demi-lunes protégeant la porte de Fives. La situation devient critique pour les Lillois, d'autant que le gouverneur vient de recevoir la confirmation qu'il ne pourra être secouru par les renforts espérés.


Le 27 août, les échevins délibèrent et le rewart informe Spinola que toute défense est devenue impossible. Celui-ci s'incline. Il demande à son aide de camps d'accompagner le rewart pour parlementer avec le Roi.

Plan de la ville assiégée lors de l'attaque lilloise du 26 août 1667


La capitulation

Louis XIV est installé dans une ferme située sur le chemin de Lannoy à Fives.

 Il reçoit les parlementaires qui après avoir demandé en vain trois jours de répit, commencent à négocier une capitulation honorable.

Les 69 articles du texte proposé par les Lillois sont un à un accordés avec d'infimes restrictions par le souverain.

Les conditions militaires prévoient la sortie de la Ville du gouverneur Spinola et de ses troupes avec les honneurs de la guerre.

Concernant la population "toutes les offenses et actes d'hostilité commis devant et durant le siège seront entièrement pardonnés".


Comme ce fut généralement le cas lors des précédentes redditions de la ville depuis le XIIIe siècle, tous les privilèges locaux sont respectés. L'Edit de Nantes ne sera pas appliqué pour ne pas froisser la susceptibilité des Lillois, restés très catholiques et hostiles au protestantisme.


 Découvrir l'intégralité de la capitulation

La ferme dans laquelle a été signée la capitulation

Cette ferme située rue de Lannoy a été détruite en 1920.

La signature du Roi au bas de l'acte de capitulation

AML/AG/309/1

Le nouveau pouvoir en place

     Après la capitulation, le pouvoir change de mains. Commence alors une longue période d'intégration de Lille dans le  royaume de France. Cette transition est progressive et nécessite de nombreux compromis pour ne pas froisser les nouveaux sujets.


Sur le plan administratif, Louis XIV confirme le maintien des privilèges et institutions communales. Le magistrat continue d'administrer les affaires de la cité.


Pour remplacer le gouverneur espagnol, Louis XIV nomme le marquis d'Humières en 1668. Il occupera cette fonction jusqu'en 1694, exceptés quelques mois en 1672 où il est suppléé par Charles de Batz-Castenau, comte d'Artagnan. Son rôle en ville est prépondérant du fait de l'importance de la garnison qui compte plus de 12 000 hommes. Comme c'était déjà le cas sous l'autorité espagnole, le gouverneur renouvelle l'échevinage de la ville, chaque année, par délégation du Roi,

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Au niveau de la Flandre wallonne, l'arrivée de l'intendant de Police, justice et finances est une vraie nouveauté. Ses prérogatives touchent une multitudes de domaines et il est en lien direct avec le Secrétariat d'Etat à la guerre, auquel est rattachée la province.

Les titulaires de ce poste, Michel Le Peletier de Souzy (1668-1683) puis Louis Dreux Dugué de Bagnols (1684) sont chargés de modeler la province sur les usages du royaume et de "franciser" les Lillois.

Commission pour le renouvellement de la Loi délivrée au Marquis d'Humières (10 octobre 1667)

(AML PAT/20/473)

Focus: le rapport de l'intendant

            En 1698, l'intendant Dugué de Bagnols rédige une description de l'intendance destinée à l'instruction du Dauphin

L'extrait du rapport présenté ci-dessous est la description de la ville de Lille, de ses habitants, de son économie à la fin du XVIIème siècle.  (AML AG736/3)      

Fortifier la ville

     Dès septembre 1667, les ingénieurs du roi préparent la construction d'une puissante citadelle. Non seulement pour la défense de la ville mais aussi pour se protéger des Lillois : les Français s'en méfient et craignent les séditions.

Les projets du commissaire général des fortifications, Nicolas de Clerville ne plaisant pas au Roi, ce sont les plans de Vauban qui sont retenus en novembre 1667. En à peine 3 ans, le jeune ingénieur va construire à Lille "la reine des citadelle". L'ouvrage à 5 bastions est implanté dans les marécages de la Deûle afin de pouvoir aménager un système d'inondation défensif.

La citadelle, positionnée à l'écart de la ville, abrite plus de 1800 hommes de troupe.

Cette construction, entamée bien avant les pourparlers de paix de 1668, démontre que Louis XIV n'a pas l'intention pas se séparer de sa nouvelle ville.


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Plan et profil de la citadelle de Lille

AML/1Fi/2

Agrandir la ville

      La citadelle achevée, l'enceinte qui la relie à la ville englobe une surface disponible de 64 ha. Une fois les projets d'agrandissement validés par le roi, Vauban organise le nouveau quartier selon un plan en damier structuré par deux axes : la rue royale et la rue Saint-Pierre. Ces axes sont coupés à angles droits par les rues Princesse, Dauphine, d'Anjou et française. Les hôtels particuliers ainsi que l'église de La Madeleine qui s'y construisent imposent le style classique français. De cette sorte, Vauban inscrit dans la pierre la présence française.

Toute l'enceinte de la ville est remaniée, de nouveaux bastions et des casernes sont construits. Les rues sont élargies et les maisons de l'ancienne ville sont rénovées en pierre.

Pour prévenir les soulèvements populaires, un fort est construit dans le quartier Saint-Sauveur.

La nouvelle ville, protégée par sa fortification, manifeste la grandeur du Roi. La porte de Paris édifiée à partir de 1684 sur l'ancienne porte des malades en marque l'entrée et en symbolise la puissance.      

plan du "quartier royal" reliant la ville et la citadelle (1670)

AML/AG/10/10/5

Convaincre la population

      Lors de la prise de la ville, les Lillois semblent considérer l'occupation française comme provisoire et se montrent hostiles à l'arrivée du nouveau pouvoir.

Les relations entre la population et les Français sont tendues et les accrochages avec les soldats sont fréquents. En décembre 1667, le Magistrat prend la décision d'interdire des festivités pour éviter les incidents. En 1673, le Roi oblige les habitants à déposer leurs armes à l'hôtel de ville.


Cependant, les deux parties ne peuvent rester dans une opposition constante et tout en faisant preuve de fermeté à l'égard des Lillois, le nouveau pouvoir prend des mesures pour rallier ses nouveaux sujets.. C'est ainsi que Louvois ordonne par exemple  que la mauvaise conduite des soldats soit sévèrement punie. Vauban, conformément à la capitulation, construit des casernes pour y cantonner les soldats.

Peu à peu, les relations se pacifient. En 1685, les compagnies bourgeoises des "quatre serments", fierté de la ville, sont rétablies.

Lentement, l'état d'esprit des Lillois change et les habitants acceptent la présence française.

      

Injonction faite aux lillois de déposer leurs armes à l'Hôtel de ville (1673)

Registre aux mandements (AML16984/198)

Journal d'un lillois faisant état de condamnations publiques de soldats français en 1668

(Chronique de Jacques Morelle (AML Gentil 15252/4024)

Focus : La porte de Paris

    La construction d'un monument à la gloire du roi symbolise une certaine réussite de l'intégration de la ville au royaume de France.

Suite au traité de Nimègue en 1678, le Magistrat se doit de célébrer le souverain comme les autres villes du royaume.

Un premier projet de statue équestre sur la grand''place de la ville, jugé trop dispendieux pour les finances communales, est écarté.. Le secrétaire d'Etat à la guerre Louvois a alors l'idée de construire une porte monumentale sur les crédits des fortifications. La ville n'a plus à sa charge que les décorations du monument.  

Œuvre de conciliation entre Louvois et Simon Vollant, architecte de la ville, la construction d'une nouvelle porte à l'emplacement de celle dite "des malades" est lancée en 1684. 10 ans plus tard le monument est terminé. Aucune inauguration n'est prévue. La porte change de nom en 1793 pour devenir "porte de Paris".

Façade extérieure de la porte de Paris.

(Musée de l'Hospice comtesse, M.L1299)

Et Lille devint française

     Après la trêve de l'hiver 1667, les Français reprennent l'offensive. En février 1668, il faut moins de quinze jours à Condé pour conquérir toute la Franche-Comté. L'Espagne est contrainte de demander la paix. Elle doit céder une partie des territoires conquis en Artois, Flandre et Hainaut.

Sous l'arbitrage du pape, le traité d'Aix-la-Chapelle est signé le 2 mai 1668. Il donne à la France en plus de Lille, les villes de Charleroi, Binche, Ath, Douai, Tournai, Audenarde, Armentières, Courtrai, Bergues et Furnes.


Ce traité officialise l'entrée de Lille dans le royaume de France. Il faudra en revanche beaucoup plus de temps  aux Lillois pour se sentir pleinement sujet du Roi de France.

La frontière du nord suite au traité d'Aix la Chapelle.


Focus : 1767, Les fêtes du premier centenaire

            Le 27 août 1767, la Magistrat organise des festivités exceptionnelles pour commémorer le "retour de la ville sous l'obéissance du roi de France". Après les cérémonies religieuses un grand feu d'artifice est tiré sur la grand place. La ville est illuminée  pour l'occasion.. Sont présentés ici les documents préparatoires à l'évènement (affiche, illustrations de construction temporaire, programme etc.) (AML_AG311_6)

Crédits

Conception et textes : Archives municipales de Lille

Images:                      Archives municipales de Lille

                                  Bibliothèque municipale de Lille (p 4 et 12)

                                  Musée Hospice Comtesse (p 18)

                                  RMN (p 7 et 10)