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  • Les façades lilloises des années 1920-1930

Les façades 
lilloises des
années 1920-1930

Explorez la ville des années 1920-1930 et découvrez la diversité de son architecture ! C’est ce que vous proposent les Archives à travers cette exposition virtuelle réalisée en partenariat avec le service Ville d’art et d’histoire.

Vous pouvez zoomer sur chacun des documents en utilisant l’icône appareil photo située dans la légende du plan ou de la photographie.

 

Nous vous donnons également rendez-vous dans la rubrique « Façades lilloises » pour découvrir l’ensemble du projet de mise en ligne et de géolocalisation de plus de 5000 plans numérisés extraits des dossiers de permis de construire de la période 1919-1939.

Sommaire

Les permis de construire : 
une source essentielle sur l'histoire de Lille

Les Archives municipales conservent plus de 30 000 dossiers d’autorisations d’urbanisme pour la période 1917-2006. Chaque dossier contient la demande d’autorisation formulée par un particulier, une entreprise ou une institution qui souhaite construire, démolir ou effectuer des travaux sur un bâtiment situé à Lille. Les dossiers sont instruits par le Service de l’Urbanisme Réglementaire de la Mairie et sont ensuite conservés aux Archives. Les dossiers les plus anciens datent de 1917, ceux antérieurs ayant vraisemblablement été détruits lors de l'incendie de l’ancien Hôtel de Ville place Rihour en avril 1916. 

Ces dossiers peuvent être utiles pour des raisons à la fois administratives et historiques. Ils permettent de retracer l’histoire d’une maison, d’une usine, d’un commerce, d’un bâtiment public. Plus largement, ils permettent de mener des recherches sur des thématiques variées telles que l’architecture, l’urbanisme, l’évolution de l’habitat et des conditions de vie des Lillois. 

 

Les différents documents qui composent les dossiers permettent d’apporter de précieux détails sur une construction : plan de localisation, correspondance avec l’administration, arrêté d’autorisation ou de refus, etc. Ces dossiers contiennent souvent des plans qui, suivant la nature des travaux, représentent la façade, l’intérieur et le plan en coupe du bâtiment. Ces plans peuvent être dressés à la main, par un architecte et parfois par le propriétaire lui-même. La plupart sont obtenus par un procédé photographique, le cyanotype, qui produit des « plans  bleus » caractéristiques de cette période. 

Pour les années 1920-1930, ce sont plus de 8000 dossiers qui permettent de documenter la reconstruction, l’agrandissement et la modernisation de la ville. Nous vous proposons d’en découvrir une sélection dans cette exposition.

L'architecture lilloise des années 1920-1930

La physionomie actuelle de la ville doit beaucoup aux cabinets d’architectes des années 1920-1930. Certains ont eu une production particulièrement abondante ou inventive, parmi eux : Boudin, Delannoy, Desmet et Doutrelong, Lemay, Pagnerre…

 

Les solutions architecturales adoptées varient d’un bâtiment à l’autre, en fonction des goûts des commanditaires mais aussi des courants auxquels se rattachent les constructeurs. L’emploi du béton armé, matériau rapide à mettre en œuvre et peu coûteux, est plébiscité. Utilisé pour l’ossature des bâtiments, il est généralement couplé à la brique ou la pierre. Par ailleurs, on éclaire correctement les édifices pour profiter au maximum de la lumière du soleil, notamment par le biais de fenêtres en avancée, les bow-windows ; certaines commodités commencent également à apparaître (salles de bains, toilettes…).   

 

Les édifices lillois sont le reflet des débats agitant le milieu des architectes de cette époque. Certains professionnels proposent une reconstruction inspirée des styles anciens, comme pour la rue Faidherbe, rebâtie dans l’esprit haussmannien. L’attachement régional est marqué par la citation d’éléments architecturaux considérés comme représentatifs du patrimoine local : jeux de briques, pignons (partie haute de la façade) en escalier ou aux formes cintrées. 

 

A partir de la fin des années 1920, les portes et balcons s’ornent de ferronneries aux formes stylisées ou géométriques, inspirées de l’Art déco.

Les années 1930 constituent cependant un tournant architectural. Les architectes s’orientent vers des propositions plus épurées et sobres : le mouvement moderne s’insinue peu à peu dans la construction lilloise.  

Les bâtiments industriels et commerciaux

La brasserie du Paon d'or, place de Béthune

Place de Béthune. Construction d'un immeuble à usage de café.

1923

Centre

Construction d'un immeuble à usage de café en 1923


Le Paon d’or


La place de Béthune, touchée par les bombardements en octobre 1914, fait l’objet d’une reconstruction après-guerre. Ce dessin d’une célèbre brasserie lilloise a été dressé par le duo d’architectes Desmet et Doutrelong, particulièrement actif dans le centre-ville. Le projet de construction a évolué entre le croquis initial et la réalisation finale, la façade ayant été dotée d’un étage et d’une travée* supplémentaires. 

La coupe du bâtiment témoigne quant à elle de l’intérêt porté à l’évacuation des eaux usées, la présence d’une fosse septique étant impérative dans toute construction lilloise de cette époque.


* série de fenêtres suivant l’axe vertical

L'immeuble de l'écho du Nord, l'actuelle Voix du Nord, Grand Place

Grand-Place. Construction d'un immeuble commercial.

1934

Centre

Construction d'un immeuble commercial en 1934


L’Echo du Nord


C’est en 1935 qu’est décidée la construction des nouveaux locaux du journal l’Echo du Nord (actuelle Voix du Nord) sur la Grand’Place. Le bâtiment, imaginé par le Lillois Ernest Willoqueaux, aidé de Léon Bazin et d’Albert Laprade, allie subtilement tradition et modernité. Sa façade en pierre, avec son pignon* en escalier rappelant les maisons flamandes, s’appuie sur des fondations en béton et une ossature en acier, ce qui lui a permis d’être édifiée en seulement une année. Les décors de Raymond Couvègnes, Robert Coin, Alfred Bottiau et Henri Soubricas, mariant grandeur du Classicisme et simplification des formes propres à la sculpture des années 1930, constituent un hymne aux habitants du Nord.


* partie haute du mur au niveau des combles

L'Hôtel Carlton, rue de Paris

Angle rue Faidherbe -  rue de Paris, et place du Théâtre. Construction d'un immeuble à usage d'hôtel-restaurant-bar

1923

Centre

Construction d'un immeuble à usage d'hôtel-restaurant-bar en 1923

 

L’hôtel Carlton


La première partie de la rue Faidherbe disparaît sous les bombardements de la Première Guerre mondiale.

Sa reconstruction est couplée à la restructuration du quartier de la gare et à l’élargissement de la rue de Paris (rue Pierre Mauroy). L’édification de l’hôtel Carlton respecte l’esprit haussmannien qui dominait la rue avant-guerre : la façade en pierre, l’imposant dôme, l’angle traité en arrondi contribuent à la mise en scène de cet axe principal reliant la gare au centre-ville.


L’architecte lillois Armand Lemay, véritable caméléon, démontre sa formidable capacité d’adaptation, comme en témoigne également son Palais de l’Automobile aux influences résolument modernistes

(voir le plan du Palais lillois de l'automobile)

Un hôtel-commerce Art déco, rue du Molinel

Rue du Molinel. Reconstruction d'un immeuble à usage de commerce et d'hôtel

1932-1933

Centre

Reconstruction d'un immeuble à usage de commerce et d'hôtel en 1932-1933

 

L’immeuble de la rue du Molinel


La rue du Molinel, frappée par les obus allemands en 1914, présente une intéressante variété d’immeubles bâtis après-guerre. L’architecte Segers tire ici parti des possibilités techniques offertes par les procédés modernes de construction, qu’il ennoblit par des références à l’architecture classique.

La grande vitrine, séparée du reste de la construction par un auvent en béton et pavés de verre (non visible sur le dessin), contraste avec la verticalité des parties hautes, composées de trois séries de bow-windows* en briques jaunes. La façade est encadrée par deux puissants pilastres cannelés* lui conférant un accent classique épuré.

 

* fenêtres en surplomb

supports verticaux creusés de canaux

Une pharmacie moderne, rue nationale

rue Nationale, retour rue Saint-Etienne. Construction d'un immeuble de rapport

1936-1937

Centre

Construction d'un immeuble de rapport en 1936-1937

 

L’immeuble de la pharmacie Dehaussy


Ce projet d’immeuble à fonction mixte (commerce et habitation) témoigne de l’évolution des styles constructifs au cours des années 1930. Son écriture est particulièrement sobre. Le bâtiment, constitué d’une ossature en béton et de briques de remplissage, se compose de modules géométriques simples et ne présente aucun ornement particulier. L’horizontalité des fenêtres est soulignée par un encadrement épais en béton, dont la couleur contraste avec celle des briques jaunes. Les premiers niveaux, dédiés à la pharmacie, bénéficient quant à eux d’un revêtement spécifique marquant une coupure entre l’usage commercial et résidentiel.

Le Palais lillois de l'automobile, près de l'Opéra

Angle 9 rue Anatole France, 7 rue des arts, rue Léon Trulin, 14. Construction d'un garage

1929-1947

Angle 9 rue Anatole France, 7 rue des arts, rue Léon Trulin, 14. Construction d'un garage

1929-1947

Angle 9 rue Anatole France, 7 rue des arts, rue Léon Trulin, 14. Construction d'un garage

1929-1947

Centre - Construction d'un garage en 1929


 La multiplication des automobiles dans les années 1920 implique l’existence de bâtiments dédiés, comme le Palais lillois de l’automobile, immense garage conçu par Armand Lemay pour abriter jusqu’à 1000 voitures. La parcelle, comprise entre les rues des Arts, Anatole France et Léon Trulin, reçoit un édifice de six niveaux, composé d’un hall d’exposition relié aux places de stationnement par une rampe d’accès circulaire. Avec ses deux derniers niveaux en retrait, son angle à pans coupés, son béton apparent et son alternance des pleins et des vides pour seul décor, cet édifice s’inscrit dans la veine fonctionnaliste de l'architecte Auguste Perret (garage de la rue de Ponthieu à Neuilly-sur-Seine).

La Grande Brasserie à Vauban-Esquermes

39 boulevard de la Moselle. Agrandissements et transformations intérieures de la Grande Brasserie de Lille

1931

Vauban-Esquermes

Agrandissements et transformations intérieures de la Grande Brasserie de Lille en 1931

 

La Grande Brasserie

 

Après-guerre, la relance industrielle constitue une préoccupation majeure. De nombreuses usines endommagées nécessitent reconstructions, agrandissements et aménagements. L’activité brassicole ne fait pas exception. La Grande Brasserie Excelsior, ouverte au début du XXe siècle et situé le long des anciennes fortifications du secteur Canteleu, bénéficie d’une nouvelle salle de brassage et d’un portail d’entrée. Ces équipements, sobres et fonctionnels, n’excluent pourtant pas totalement les éléments décoratifs, comme en témoigne le portail, avec sa forme en escalier, ses ferronneries ouvragées et le motif à chevron soulignant le nom de l’établissement. L’établissement a disparu en 1989.

Le cinéma Mourmant à Wazemmes

1 rue Mourmant. Transformations intérieures et de façade du cinéma

1939-1942

Wazemmes

Transformations intérieures et de façade du cinéma en 1939


Le cinéma Mourmant


Le cinéma fait figure de loisir préféré des Nordistes pendant l’entre-deux-guerres. Lille rassemble d’ailleurs le plus grand nombre de salles : on en compte 27 en 1939, dont six à Wazemmes. Si les cinémas du centre-ville sont destinés à la bourgeoisie, ceux des quartiers ouvriers attirent un public plus populaire et parfois turbulent. Le cinéma Mourmant, construit au cœur du quartier industriel de Wazemmes, opte pour une façade en briques, dont la forme n’est pas sans évoquer les usines situées à proximité. La grande fenêtre en avancée de l’étage abrite la cabine de projection, tandis que sur la droite, un bar permet aux spectateurs de se désaltérer pendant l’entracte.

Le restaurant l'Huitrière dans le Vieux-Lille

3 rue des Chats Bossus. Transformations intérieures et de façade de l'immeuble

1928-1941

Vieux-Lille

Transformations intérieures et de façade de l'immeuble en 1928

 

A l’Huitrière

 

Le Vieux-Lille, peu touché par les reconstructions d’après-guerre, voit néanmoins se développer quelques architectures soignées dans les années 1920-1930. C’est le cas de la rue des Chats Bossus, qui accueille un célèbre restaurant-poissonnerie, à quelques mètres de l’ancien établissement devenu trop étroit. Les architectes jouent habilement avec l’épaisseur de la façade : le mur se creuse sur les deux premiers niveaux, laissant apparaître le porche et la fenêtre du restaurant tout en procurant un abri aux clients. Les décors, particulièrement soignés, renvoient au milieu marin et au menu raffiné attendant les convives, au sein d’un établissement résolument Art déco.

L'habitat

Une habitation "Loi Loucheur" à Bois-Blancs

rue Kant. Construction d'une habitation à Bon marché

1930-1934

Bois-Blancs

Construction d'une habitation à Bon marché en 1930

 

Maison de la rue Kant

La loi Loucheur, promulguée en 1928, permet aux familles modestes d’accéder à la propriété à des conditions avantageuses. La ville de Lille compte plusieurs ensembles bâtis dans le cadre de cette loi, dans les quartiers situés en-dehors des anciens remparts. Les maisons du côté pair de la rue Kant, élevées par Robert Van Cutsem, présentent certaines caractéristiques communes : emploi du béton en structure, de la brique et du ciment en façade ; fenêtres aux formes géométriques simples (rectangles, arcs en plein cintre*) ; décor obtenu par un agencement spécifique des briques. Le caractère régional est donné par la lucarne en forme de pignon* cintré.

 

* arc en demi-cercle

* partie haute du mur au niveau des combles

Une maison "type 1930" à Fives

Construction d'une habitation à Bon marché

1933-1934

Construction d'une habitation à Bon marché

1933-1934

Fives - Construction d'une habitation à Bon marché en 1933

 

De nombreuses maisons individuelles sont construites pendant les années 1930.

Celles-ci présentent souvent une organisation intérieure caractéristique : une entrée étroite avec une cage d'escalier, un rez-de-chaussée doté de deux pièces en enfilade dont un espace cuisine, une cour et/ou un jardin avec un appentis pour les toilettes, des chambres au premier étage et une chambre et un grenier sous les combles quand ces derniers sont aménagés. De nos jours, la plupart des habitations « de type 1930 » sont équipées d’une extension sur cour, ayant permis d’inclure salle de bains et toilettes à l’intérieur.

Un immeuble alliant Art nouveau et modernité à Fives

rue Marengo. Construction d'une habitation

1924-1925

Fives

Construction d'une habitation en 1924-1925

 

Maison de la rue Marengo

 

Cet immeuble à fonction locative, situé au cœur du quartier de Fives, est l’œuvre d’Horace Pouillet, déjà sollicité par la petite bourgeoisie d’avant-guerre pour l’édification de maisons en périphérie de la ville. Il réalise ici une construction parfaitement symétrique, ordonnée autour de la porte principale et de la cage d’escalier. Les détails décoratifs (ferronneries de la porte et des garde-corps*, motifs floraux sculptés) oscillent entre un attachement pour le style Art nouveau, aux formes souples inspirées de la nature, et une tendance plus moderne (jeux de briques et motifs géométriques sous les fenêtres).

 

*ouvrage de protection situé devant une fenêtre (balustrade)

Un projet de maison éclectique à Fives

Angle 75 rue Guillaume Werniers, 28 rue du Calvaire. Construction d'une habitation et d'un garage.

1923

Fives

Construction d'une habitation et d'un garage en 1923

 

Maison de la rue Werniers – rue du Calvaire

 

Cet esthétique dessin d’un projet de maison est révélateur des débats qui agitent le milieu des architectes après-guerre. Si certains optent pour des formules modernes, d’autres se réfèrent aux modèles du passé. La maison-commerce de la rue Werniers entre dans cette seconde catégorie, en proposant une façade éclectique, utilisant des éléments de langage de la fin du XIXe - début du XXe siècle : emploi de la pierre et de la brique, arcs en briques probablement vernissées au-dessus des fenêtres, imposant pignon* à pans de bois. Les profondes modifications survenues dans la rue après 1950 et l’absence d’archives ne permettent malheureusement pas de savoir si cette maison a réellement été bâtie.


*partie haute du mur au niveau des combles

M'amour, une maison Art déco au Faubourg de Béthune

Rue de Cronstadt. Construction d'un immeuble.

1930-1931

Faubourg de Béthune - Construction d'un immeuble en 1930-1931

 

Le quartier du Faubourg de Béthune, jusqu’alors isolé du reste de la ville, connaît un regain d’intérêt après le démantèlement des remparts. La maison représentée ici est caractéristique des habitations des années 1930 bâties sur des parcelles étroites et longues. La demeure, à deux niveaux complétés de combles, donne sur une cour. La façade en brique et ciment, marquée par ses ouvertures trapézoïdales, est dotée d’un soubassement imitation pierre, d’un bow-window* et d’un pignon*. La coupe et le dessin de la façade arrière permettent de visualiser l’organisation intérieure : cave en sous-sol, pièces de vie au rez-de-chaussée, cour accessible par une porte-fenêtre, chambres à l’étage.

 

* fenêtre en surplomb

* partie haute du mur au niveau des combles


Découvrez cette façade en détail en jouant aux 7 différences ! 

Un impressionnant vitrail au Faubourg de Béthune

Rue d'Emmerin, photographie de la façade
Bibliothèque municipale de Lille PO 096 83


Rue d'Emmerin. Construction de l'habitation et du garage.

1934-1946

Faubourg de Béthune - Construction de l'habitation et du garage.

 

Maison de la rue d'Emmerin

Les habitations construites à Lille dans les années 1930 prennent des formes plus ou moins originales selon les goûts du propriétaire et l’architecte retenu. Cette maison dévoile ainsi plusieurs aspects modernes, à commencer par la présence d’un garage au rez-de-chaussée. Les pièces de vie, situées au premier étage, ouvrent sur une loggia* côté jardin.

La partie gauche est éclairée sur toute sa hauteur par une grande baie vitrée colorée (vitrail), dominée par la date de construction. Le document nous fournit de précieuses indications quant aux matériaux employés : l’ossature en béton est couverte de briques de parement et d’un enduit en ciment.


*espace couvert ouvrant sur l’extérieur

 Logements et commerces modernes, rue du Molinel

Photographie de la façade de l'immeuble situé à l'angle de la rue du Molinel et de la rue Edouard Delesalle. Musée de l'Hospice Comtesse - Fonds Pasquero - 972.44.16567

Angle rue du Molinel - rue Edouard Delesalle. Construction d'un immeuble de rapport

1929-1932

Centre - Construction d'un immeuble de rapport en 1929-1932

 

Immeuble de la Caisse fraternelle de capitalisation

Les architectes Desmet et Doutrelong sont sollicités en 1929 par une compagnie d’assurances pour ériger un immeuble de cinq étages, à l’angle de la rue du Molinel et de la rue Delesalle récemment ouverte. La construction propose des cellules commerciales au rez-de-chaussée et à l’entresol, séparées du premier niveau de logements par un balcon en béton épousant toute la largeur de l’immeuble.

L’édifice joue sur les contrastes entre les formes rentrantes et saillantes et sur l’alternance entre les bandeaux de béton et de briques. Cette composition sobre et efficace fait souffler un vent de modernité dans un secteur déjà transformé par le nouvel hôtel de ville.

Une villa à Vauban-Esquermes

Rue de Canteleu. Construction d'une habitation avec garage.

1927

Vauban-Esquermes

Construction d'une habitation avec garage en 1927

 

Villa de la rue de Canteleu

 

La construction d’habitations neuves à Lille dans les années 1920-1930 concerne toutes les catégories sociales, y compris les plus fortunées. Le secteur d’Esquermes, autour des rues de la Bassée et de Canteleu, dispose encore de terrains disponibles pour recevoir de grandes villas aux formes assez similaires. Une tourelle en encorbellement* à l’angle constitue un signal fort permettant de distinguer la demeure dans la rue. La villa ouverte sur un jardin dispose d’un mur d’enceinte percé d’une porte aux ferronneries très Art déco.

Le décor se concentre sur des jeux de briques orangées particulièrement qualitatifs, développés jusque dans les cheminées.

 

* en surplomb

Des maisons jumelles à Vauban-Esquermes

51-53 rue Alfred de Musset. Construction de deux habitations.

1928

Vauban-Esquermes

Construction de deux habitations en 1928

 

Maisons jumelles rue Alfred de Musset

 

Ces deux maisons mitoyennes situées à l’extrémité du quartier Vauban-Esquermes, commandées au même architecte par deux propriétaires différents, témoignent de l’aspect sériel que peut prendre la construction dans l’entre-deux-guerres.

Les habitations présentent un schéma identique : mêmes dimensions, même forme, mêmes matériaux, disposition en miroir des fenêtres et des portes, organisation intérieure identique. L’individualisation est apportée par la forme des ouvertures – en trapèze pour l’une et en rectangle aux angles arrondis pour l’autre – et dans les motifs décoratifs des ferronneries.

Une maison colorée à Lille-Sud

Rue de l'Arbrisseau. Construction d'une habitation avec garage et d'un atelier.

1936-1937

Lille-Sud

Construction d'une habitation avec garage et d'un atelier en 1936-1937

 

Maison de la rue de l’Arbrisseau

 

Le quartier de Lille-Sud se développe à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle autour du cimetière du sud. La rue de l’Arbrisseau, abritant un habitat ouvrier en courée*, reçoit de nouvelles constructions dans les années 1920-1930, comme cette petite maison représentative des habitations privées des faubourgs : dimensions modestes, formes géométriques simples, construction en béton recouverte de briques de parement et d’un enduit de ciment, tuiles en toiture. Le rez-de-chaussée est équipé d’un garage, clos par un rideau métallique. Le dessin coloré fourni par l’architecte permet de visualiser les effets de contraste recherchés entre la brique rouge et l’enduit blanc (finalement absent).

 

* ensemble de maisons bâties autour d’une cour, accessible par un passage étroit donnant sur la rue

Un rang de maison éclectique à Saint-Maurice-Pellevoisin

Rue Fourmentel. Construction de six habitations et installation de six fosses septiques.

1924

Saint-Maurice-Pellevoisin

Construction de six habitations et installation de six fosses septiques en 1924

 

Rang de maisons de la rue Fourmentel

 

Ce rang de maisons du secteur Pellevoisin, présenté tel un tableau encadré, se rattache au style éclectique encore en vigueur à Lille avant la guerre : soubassement et encadrements de fenêtres en pierre au rez-de-chaussée, jeux de briques aux second et troisième niveaux, mise en valeur du premier étage par un balcon. Les six maisons, toutes identiques, sont réunies deux par deux sous une sorte de fronton* courbe et sont isolées de la rue par un jardinet et une grille. Le projet a cependant été simplifié et modernisé par l’emploi du ciment à la place de la pierre, l’abandon des jeux de briques, la diminution du fronton devenu individuel voire abandonné.

 

*couronnement de la façade

Une maison "bel étage", inspirée de la Villa Cavrois, à Saint-Maurice-Pellevoisin

Rue César Franck. Construction d'une habitation et d'un garage.

1933-1934

Saint-Maurice-Pellevoisin

Construction d'une habitation et d'un garage en 1933-1934

 

Maison de la rue Virnot (César Franck)

 

Au début du XXe siècle, le quartier Saint-Maurice Pellevoisin s’étend jusqu’aux confins de Fives et de Mons-en-Baroeul.

Le secteur se lotit peu à peu, notamment dans les années 1930. Gabriel Pagnerre, architecte déjà actif avant-guerre sur Lille et les communes limitrophes, connu pour ses nombreuses villas et maisons, réalise dans cette rue une série de trois habitations, parmi les dernières de sa carrière, dont cette maison « bel étage » (garage au rez-de-chaussée, pièces de vie à l’étage).

Les formes géométriques simples, le balcon en béton très marqué, la terrasse, l’imposante cheminée, la fenêtre en hublot dénotent l’influence moderniste de Mallet-Stevens, auteur de la villa Cavrois de Croix.

Des détails Art déco dans une maison à Wazemmes

Rue Barthélémy Delespaul. Construction d'un immeuble avec garage.

1928

Wazemmes

Construction d'un immeuble avec garage en 1928

 

Maison de la rue Barthélémy-Delespaul

 

Cette grande maison d’apparence plutôt classique témoigne pourtant de l’évolution des modes de vie et des goûts des familles bourgeoises lilloises pendant les années folles.

Le haut soubassement traditionnel en pierre est percé d’une porte de garage, destiné à abriter une automobile. L’aspect symétrique et sobre de la façade est contrebalancé par les formes Art déco des ferronneries de la porte et des garde-corps* (vases fleuris, spirales), ainsi que du vitrail surmontant la porte.

Le dernier étage est orné de plaques aux motifs végétaux stylisés lui conférant une touche de modernité.


* ouvrage de protection situé devant une fenêtre (balustrade)

Des détails Art déco dans un immeuble du Vieux-Lille

Rue de la Halle. Construction d'un immeuble de rapport et un garage.

1932-1933

Vieux-Lille

Construction d'un immeuble de rapport et un garage en 1932-1933

 

Immeuble rue de la Halle

 

L’appellation de « petite maison de rapport » est ici trompeuse, car il s’agit bien d’un immeuble d’habitation destiné à recevoir des locataires, près du nouveau jardin de l’avenue du Peuple belge. Le document, très précis, laisse apparaître une façade aux détails soignés, avec ses jeux de briques arrondies, ses ferronneries ouvragées, son bow-window* et son pignon triangulaire*.

Les coupes intérieures de l’immeuble affichent également le goût pour les formes polygonales, développées sur les portes des appartements. L’architecte met par ailleurs l’accent sur un élément hygiénique majeur : les toilettes, signe de confort et de progrès, qui sont présentes à tous les étages.

 

* fenêtre en surplomb

* partie haute du mur au niveau des combles

Administrations et équipements publics

La maison des étudiantes, boulevard Calmette

Photographie de la façade de la Maison des étudiantes. Musée de l'Hospice Comtesse - Fonds Pasquero - 972.44.16567

Boulevard Louis XIV prolongé. Construction de la « maison des étudiantes ».

1929

Centre - Construction de la « maison des étudiantes » en 1929

 

La maison des étudiantes

Le nombre croissant d’étudiants après-guerre et le manque de logements à bon marché disponibles pour les héberger incitent les institutions à bâtir deux maisons sur les terrains dérasés des fortifications : la maison des étudiants près de porte de Valenciennes (démolie dans les années 1990) et la maison des étudiantes à l’entrée du boulevard Louis XIV. Cette dernière offre gîte et couvert à une centaine de jeunes filles, au sein d’un bâtiment inondé de lumière et bénéficiant de tout le confort moderne. Les extérieurs sont marqués par l’emploi de la brique sous toutes ses formes et par des ferronneries élaborées, dans une veine régionaliste propre à l’architecte René-François Delannoy.

Le central téléphonique des PTT, boulevard Carnot

Photographie de la façade de la Maison des étudiantes. Musée de l'Hospice Comtesse - Fonds Pasquero - 972.44.16147

53-55 boulevard Carnot. Construction d'un bureau central téléphonique avec logements

1928

Centre - Construction d'un bureau central téléphonique avec logements en 1928

 

Le central téléphonique du boulevard Carnot

 

L’architecte régional des PTT (Postes, Télégraphes et Téléphones), René-François Delannoy, est chargé de la construction de nouveaux centraux téléphoniques afin de répondre à la demande croissante d’équipements au sein de la métropole lilloise. Trois édifices voient le jour : rue Boitelle, boulevard Carnot et rue Jean-sans-Peur. L’architecte y développe son goût pour les jeux de briques, les belles ferronneries et la mise en valeur du portail, qui constituent une véritable signature de son œuvre. La confrontation du dessin et de la photographie montre la légère évolution entre le projet et l’exécution finale, en particulier dans le choix du couronnement de la partie gauche et de la forme des fenêtres de droite.

L'Observatoire à côté du Jardin des Plantes à Moulins

Rue du Faubourg de Douai. Construction d'un observatoire et d'un logement.

1932-1934

Moulins

Construction d'un observatoire et d'un logement en 1932

 

L’Observatoire

 

En 1929, la municipalité accepte de mettre un terrain à disposition de l’Université dans le quartier Moulins, pour l’édification d’un Observatoire destiné à la formation des étudiants en astronomie.

Le site retenu pour la construction n’est pas anodin, la Ville souhaitant créer une sorte de cité universitaire le long des anciennes fortifications entre porte de Valenciennes et porte d’Arras.

Le bâtiment imaginé par Henry et Marcel Boudin est dominé par la coupole recevant la lunette astronomique.

Avec ses formes géométriques, sa balustrade aux allures de bastingage et sa cheminée rappelant celle d’un navire, l’Observatoire s’inscrit dans le style « paquebot » développé dans les années 1930.

Crédits

Conception et textes : Archives municipales de Lille et Service Ville d'art et d'histoire

Numérisation des documents : Archives municipales de Lille, Musée de l'Hospice Comtesse, Bibliothèque municipale de Lille

Les ressources